LCA - Des chercheurs trouvent comment prédire l’efficacité

Traitement du cancer du poumon

Traitement du cancer du poumon

Des chercheurs trouvent comment prédire l’efficacité

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A partir de deux examens sanguins, il serait possible de savoir si les patients atteints d’un certain type de cancer du poumon répondent bien à un traitement.

Cette méthode, basée sur l’analyse de cellules, pourrait faire office de biopsie liquide. Le cancer du poumon (ou cancer bronchique) non à petites cellules est le nom générique d’un groupe de cancers du poumon. Ce dernier représente 85 à 90% de tous les cas de cancers du poumon et peut apparaitre n’importe où dans les tissus qui tapissent les voies aériennes. Dans ce cadre, un traitement, le crizotinib est utilisé si le cancer du poumon non à petites cellules est «ALK-positif», ce qui signifie que les cellules cancéreuses contiennent certains défauts altérant le gène responsable d’une protéine appelée ALK.

Selon l’European Society for Medical Oncology (Esmo), ils sont environ 5% des patients dans ce cas, notamment ceux qui n’ont jamais fumé et les plus jeunes. Des chercheurs de l’institut Gustave Roussy, de l’Inserm et de l’Université Paris-Sud démontrent que l’on peut aujourd’hui prédire l’efficacité de ce traitement grâce à deux prélèvements sanguins, à réaliser avant le traitement et deux mois plus tard. Ces prises de sang permettent de mesurer le nombre de cellules tumorales circulantes (CTC) porteuses d’une anomalie génétique particulière. Les CTC sont présentes dans le sang en faible quantité et peuvent être isolées des autres éléments sanguins: leur analyse peut apporter des informations complètes sur l’état de santé de patients atteints d’un cancer. Une diminution du nombre de ces cellules permet de prédire une survie plus longue chez ces patients.

Bientôt une analyse de routine ?

«L’importance et la durée de la réponse au crizotinib est impossible à prévoir et l’apparition d’une résistance est très variable selon les patients, de quelques mois à plusieurs années. Aujourd’hui il n’y a aucun moyen de distinguer les patients qui vont avoir une réponse durable de ceux qui vont résister précocement. Identifier un biomarqueur est un fort enjeu pour eux car d’autres traitements ciblant la résistance au crizotinib ont été développés», explique dans un communiqué Françoise Farace, directrice de la plateforme cellules circulantes rares à Gustave Roussy, dont les travaux ont été publiés dans la revue Cancer Research.

L’étude montre ainsi le potentiel de cette mé- thode en tant que biopsie liquide. Pour mesurer son efficacité, les chercheurs ont fait appel à 39 patients qui ont tous réalisé une prise de sang avant de débuter leur traitement avec le crizotinib. Deux mois plus tard, une deuxième prise de sang a été réalisée chez 29 patients, les 10 autres patients étant suivis dans d’autres centres. Dans les deux prélèvements de sang, les chercheurs ont isolé les cellules tumorales circulantes et ont analysé un phénomène bien précis: la présence d’un nombre anormal de copies du gène ALK. Les patients chez lesquels le nombre de CTC présentant cette anomalie a diminué au cours des deux premiers mois de traitement présentaient une survie sans progression significativement plus longue: le traitement se montrait efficace. Ainsi, la médiane de survie de ces patients, au nombre de 13, était de 14 mois contre 6 mois pour les 16 patients chez lesquels le nombre de ces cellules a augmenté ou est resté stable.

«Ces résultats doivent être confirmés par d’autres études pour pouvoir être exploités en routine clinique», ajoute Françoise Farace. Mais les chercheurs se montrent positifs quant à l’efficacité de cette méthode. A terme celleci pourrait remplacer d’autres techniques de diagnostic comme l’analyse de l’ADN circulant ou des CTC uniquement avant le traitement. Les médecins peuvent aussi avoir recours à une biopsie tumorale, qui consiste à prélever un échantillon de tumeur pour l’analyser mais cette technique «est invasive et pas toujours réalisable, en particulier sous traitement», conclut-elle.

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