LCA - La tendance se poursuivra-t-elle?

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Le prix du pétrole en hausse depuis 4 mois

La tendance se poursuivra-t-elle?

Par:  Reda Hadi

Le marché pétrolier repart à la hausse et les prévisions des analystes s'envolent : 55, 60, 80 dollars le baril, alors que les experts nous annonçaient un pétrole à 20 dollars au début de l'année. Pourquoi ce brusque changement de tendance? A qui profite-t- il? La question essentielle pour nous est de savoir si l’on saura profiter de cette envolée et si elle n’est que conjoncturelle.


 Le cours du pétrole a atteint son niveau le plus élevé depuis 4 mois. Hier, mardi, il est remonté autour de 65 dollars le baril. C'est une bonne nouvelle.

Un tel retournement de situation est-il dû à des facteurs exogènes, ou simplement la réussite d’une politique pétrolière entreprise par l’Opep et les non-Opep qui, lors de leur réunion à Doha, ont confirmé leur volonté de réduction de la production de pétrole et ce, jusqu’à 2018. Pour beaucoup d’analystes,  il y a quatre raisons à cela. La demande, l'offre, la géopolitique et la spéculation. Au sujet de l’offre que cela soit la Banque mondiale ou l’AIE, toutes deux ont prédit une baisse de la demande, en raison de la crise, mais cette baisse- vu  la réduction de la production- a entraîné un effet d’équilibre apte à stabiliser les prix. Les enjeux géopolitiques de chaque pays, alliés à une forme de spéculation due aux tensions au Moyen-Orient, ont permis pour le moment une certaine hausse, que des économistes présagent à long terme. Le vœu de l’Iran de ne pas restreindre ses ambitions productives, vu ses conjonctures, n’a pas influé ou très peu sur le prix du baril. Mais il en faut peu aux marchés pour passer d'une logique baissière à une logique haussière. Et clairement, l'ambiance est maintenant à la hausse.

C'est aussi une bonne nouvelle pour les pays producteurs, tels que la Russie, le Venezuela, le Nigeria, et l’Algérie, qui ont des budgets sous tension quand les prix du pétrole sont bas, avec des risques de tension sociale. Il faut se souvenir par exemple des grèves dans le secteur pétrolier au Koweït, contre l'austérité. Ensuite, la vie est plus facile pour les Banques centrales, qui ont du mal à lutter contre la déflation quand les prix de l'énergie sont en baisse.

Le revers de la médaille dans cette hausse est que quand le pétrole n'est pas cher, les énergies renouvelables ou recyclées ne sont plus compétitives, et donc moins attrayantes. Mais ça, c’est une autre histoire.

Il faut souligner aussi que la période précédente n'a pas eu que des effets négatifs car elle a rendu les investissements dans les gaz de schiste de moins en moins rentables. Et des producteurs américains ont dû fermer leurs puits.

L’Algérie en tirera-t-elle profit cette fois ?

La hausse du prix du pétrole, aussi encourageante qu’elle puisse être, peut avoir des effets pervers.

En effet, avec la baisse des cours des énergies fossiles, l’Algérie s’est lancée dans un vaste programme de  réorientation de sa politique d’exportation.

La baisse des recettes pétrolières a forcé l’Algérie à ouvrir ses horizons d’exportation et d’exploiter tous les secteurs susceptibles d’engranger des recettes en devises.

Reste que cette hausse, si en soi est une bonne nouvelle, peut faire craindre un recul des efforts pour des exportations hors hydrocarbures. Les pouvoirs publics trop attachés à la paix sociale, recourront-ils à la faciliter et renégocier avec les départements ministériels leurs arbitrages ? Des  chantiers suspendus seront-ils tirés des tiroirs ? Le danger plane, d’autant que nos compatriotes, trop habitués à l’Etat providence, verront d’un mauvais œil que l’on continue de serrer la ceinture, pendant que l’Etat remplit ses caisses.

Des premiers signes encourageants (avant la hausse), ont été constatés par le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, qui a affirmé, lundi, à l'issue de l'adoption de la loi de finances 2018 par la chambre haute du Parlement, que les indicateurs économiques internes et externes prouvent que l'Algérie se porte bien et qu'elle avance dans la bonne direction. Rompant avec l’angélisme de ses prédécesseurs, Ahmed Ouyahia a choisi la franchise pour en décrire l’ampleur. Et les mesures prises en ce sens, paraissent payantes.

De l’avis même du FMI, la crise mondiale n'a eu quasiment aucune incidence sur le système financier de l'Algérie qui reste stable dans l'ensemble, bien que très insuffisamment développé. Compte tenu de la petite taille du système financier de l'Algérie, de la participation significative de l'Etat et d’une intégration limitée aux marchés financiers internationaux, il n'y a pas de vives préoccupations de la stabilité financière.

Néanmoins, pour Ouyahia, cette situation ne peut être ne peut être définitive, d’où les reformes sociales économiques engagées ainsi que le recours à la planche à billets.

Pour Bensalah «L'Algérie, en dépit de ce qui se dit ici et là, se porte bien et les indicateurs économiques internes et externes sont là pour le confirmer et les nombreuses analyses d'institutions financières internationales attestent ce constat et disent que l'Algérie avance dans la bonne direction».

Fasse maintenant que cette hausse nous soit bénéfique et ne nous fasse pas baisser les bras, nous forçons même à accentuer nos efforts, pour peu qu’ils soient collectifs et partagés par tous.

Lu 136 fois Dernière modification le lundi, 12 février 2018 19:51

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