LCA - Slim Othmani: « Nous investissons dans les valeurs »

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Trois ans après son départ fracassant du FCE

Slim Othmani: « Nous investissons dans les valeurs »

Nous avons beaucoup travaillé à créer de la valeur dans cette entreprise, qui a pris beaucoup de crédit, dont on est très satisfait.

Slim Othmani, l’outsider, patron de NCA Rouiba, et  leader du marché algérien des jus et des boissons, un patron connu, bien sûr, par son franc-parler, nous livre dans cet entretien, ses appréciations du champ économique algérien et l’évolution de l’entreprise dont il préside le Conseil d’administration.

Le Chiffre d’Affaires : Suite à votre départ fracassant du FCE,  vous aviez claqué la porte suite à la décision du FCE de s’aligner avec un candidat, n’aviez-vous pas senti être «puni» pour la décision que vous aviez prise ?

Slim Othmani : Pour être franc, non, pas spécialement, par contre un étiquette est collée, c’est une étiquette qui colle à la peau et forcement il y a eu quelques débordements à droite à gauche, les zélateurs y en a, et ce n’était pas le choix du pouvoir politique mais plutôt le comportement des personnes qui veulent simplement afficher leur appartenance à tel ou tel groupe, non, je ne me sens pas concerné par ça.

Quel profit avez-vous tiré de votre introduction à la Bourse d’Alger ?

Notre choix d’entrer à la Bourse d’Alger était motivé par plusieurs raisons tout à fait claires, la première était de permettre au Fonds d’investissement, qui était actionnaire avec nous, d’avoir une sortie, et de vendre ses actions librement à qui il veut sans avoir à nous imposer leur rachat comme stipulé par le pacte d’actionnariat, et comme cela se fait partout dans le monde, un Fonds d’investissement a le choix, quand il décide de quitter l’entreprise, d’aller en Bourse, vendre aux autres actionnaires, vendre à un nouvel acheteur ou d’autres choses.

Nous avons beaucoup travaillé à créer de la valeur dans cette entreprise qui a pris beaucoup de crédit, dont on est très satisfaits, les actionnaires historiques n’étaient pas dans une position qui leur permettait, compte tenu de la valeur créée de racheter la participation du Fonds, donc l’option Bourse était la plus intéressante pour les propriétaires historiques, et c’est ce que nous avons fait.

La deuxième raison qui est très importante, c’est que la famille grandit, et comme vous savez dans les entreprises familiales, on arrive toujours à un point où une génération prend le relais et une autre s’en va, des membres avec des agendas de vie qui sont différents, avant les frères fondateurs, avaient le même agenda et ils étaient focalisés sur la même entreprise, maintenant chacune des nouvelles générations possède son programme et son plan, donc il fallait trouver un terrain d’entente sur la valeur des actions de l’entreprise pour permettre, à celui qui le désire, de vendre ses actions soit aux tiers, soit à un autre membre de la famille tout en étant rassuré de la valeur transigée, c'est-à-dire qu’il n’y aura  pas de négociations ou de contestations de la valeur de cession ou d’acquisition des titres de l’entreprise, c’est ce qu’on appelle communément rendre le titre ou la valeur de l’entreprise liquide.

L’une des missions de la Bourse est de permettre d’accéder à un mode de financement alternatif, si ce n’était pas dans vos objectifs de chercher un financement, pourquoi y a-t-il eu l’épisode Cevital à qui on a opposé un véto ?

Je ne sais pas pourquoi les pouvoirs publics ont vendu l’idée que la Bourse sert à financer l’économie, ça n’a jamais été l’objectif, elle sert plutôt à rendre un titre liquide et permet, en cas de besoin, de se substituer au système bancaire en émettant des actions, comme la Bourse d’Alger n’est pas liquide, il n’y a pas de rotation de titres, on ne peut être dans une logique d’émission d’actions et donc de ramasser de l’argent pour financer la croissance, nous sommes plutôt dans une situation de stabilité, le manque d’expérience de tout le monde, des pouvoirs publics et des acteurs de la Bourse, a fait que cette Bourse s’est retrouvée en état de stagnation, des acheteurs qui ont acheté, donc ce sont des investisseurs et qui pensaient à faire de la plus-value uniquement sur les dividendes, or la plus-value ne se fait pas uniquement sur les dividendes, elle se fait aussi sur la valeur créée, par exemple, si le titre est coté à 100, et je vois de bonnes perspectives d’avenir sur ce titre-là, je sais que cette entreprise va très bien réaliser donc je suis prêt à donner un prémium à sa valeur boursière et donc j’émet un ordre d’achat à 150 ou 160 qui reflète ma perception de la valeur du titre.

Deuxièmement, ce n’est pas nous qui avons fait appel à Cevital, il y a une incompréhension totale du mécanisme de fonctionnement, les titres d’une entreprise cotée en Bourse sont dématérialisés, ils ne nous appartiennent pas en tant qu’entreprise, c’est en dehors d’elle, quand il y a des échanges, nous n’avons rien à voir, quant au véto opposé à Cévital, c’est une décision qui a fait parvenir, volontairement ou involontairement, un signal fort  à l’intention des investisseurs nationaux ou internationaux leur disant qu’investir dans les titres de la Bourse d’Alger revêt un grand risque.

Lu 122 fois Dernière modification le mardi, 17 octobre 2017 13:31

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