LCA - Attar : «Il faut changer le modèle énergétique»

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Déclin de la production nationale en pétrole

Attar : «Il faut changer le modèle énergétique»

L’Algérie est un pays plus gazier que pétrolier. Les gisements du pétrole sont actuellement en déclin à cause de la surexploitation et leur vieillesse. Le constat a été fait par l’ancien PDG de la Sonatrach Abdelmadjid Attar.


 

S’exprimant hier sur les ondes de la Radio nationale «Chaîne III», M. Attar a relevé que «les réserves pétrolières conventionnelles de l’Algérie ne dépassent pas les 1,5 milliard de tonnes équivalent pétrole, quant aux réserves du gaz, elles sont estimées à 2 500 milliards de mètres cubes».

Pour lui, le recours à l’exploitation des énergies non conventionnelles (le schiste) est «indispensable» dans les années à venir. L’actuel président de l’association algérienne de l’industrie du gaz a souligné la nécessité d’augmenter nos capacités gazières.

«Actuellement, nous exportons entre 40 et 45 milliards de mètres cubes» et consommons quelque 45 milliards. Les gisements, qui ne sont pas encore exploités notamment dans le sud-ouest du pays, peuvent ajouter 16 milliards de m3 dans les années à venir», a-t-il affirmé.

Questionné sur la rentabilité des nouvelles découvertes, M. Attar a fait savoir que la compagnie nationale Sonatrach faisait annuellement de dizaines de découvertes grâce aux nouvelles technologies, mais ces dernières ne sont pas toutes exploitées. La raison, elles ne sont pas rentables. «La moitié des découvertes ne sont pas rentables, parce que les prix du pétrole ont diminué», a-t-il expliqué avant d’ajouter qu’«il arrivera un moment où on ne découvrira plus».

Face à cette situation de déclin de la production pétrolière, l’ancien ministre des ressources en eau a plaidé pour l’adoption d’un modèle énergétique basé sur des énergies renouvelables et l’énergie non conventionnelle comme le gaz de schiste, et la rationalisation de la consommation. «Il faut changer le modèle énergétique et consommer de moins en moins, et également revoir à la hausse des prix pour stopper le gaspillage», a-t-il souligné.      

Par ailleurs, M. Attar a imputé la baisse de compétitivité du secteur des hydrocarbures à divers facteurs parmi lesquels il met en avant la bureaucratie, les types de contrats, de même que le déficit de stabilité et de vision à long terme dans son ensemble. «au sein de la Sonatrach, tout comme au sein d’Anapht, les décisions sont très lentes à prendre», a-t-il déploré, tout en préconisant de changer le mode de travail.

Dans ce cadre, l’ex-PDG de la Sonatrach a fait savoir qu’avant, les cadres ont plus de marges dans la prise de décision contrairement à maintenant. A cet effet, il estime qu’il est temps de réorganiser le secteur pétrolier et gazier en profondeur, notamment en décentralisant la prise de décision et en accordant une plus grande liberté d’action à ses cadres et à ses techniciens.

Citant l’actuel PDG de la Sonatrach, en l’occurrence Ould Kaddour, M. Attar a salué son courage de mettre le doigt sur les problèmes qui entravent le fonctionnement de la compagnie nationale.

S’agissant de la révision de la loi des hydrocarbures, Abdelmadjid Attar estime qu’elle est indispensable pour faciliter l’investissement dans le domaine pétrolier et la rendre plus attractive. «Afin d'attirer les partenaires, il faut revoir le volet de la fiscalité pétrolière, les types de contrats qui sont  trop rigides, et assainir le climat des affaires, afin d’améliorer les relations avec les sociétés pétrolières désireuses d’investir en Algérie», a-t-il détaillé.

A cela, M. Attar a souligné la nécessité d’assainir l’environnement actuel du secteur pétrolier dans le pays. «Il est trop bureaucratisé. Les compagnies pétrolières étrangères ne savent pas, toujours, à qui s’adresser, éprouvent des difficultés à obtenir des rendez-vous nécessaires et, de plus, les décisions tardent à se concrétiser», a-t-il conclu.

 

Lu 183 fois Dernière modification le mardi, 07 novembre 2017 10:27

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