LCA - Vrai succès économique ou effet de mode ?

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Finance alternative

Vrai succès économique ou effet de mode ?

Par:  Reda Hadi

La finance islamique (alternative) connaît de par le monde une croissance exponentielle. Basée sur les principes de la loi islamique (chariâ), cette dernière connaît une croissance effrénée, plus importante que celle de la finance conventionnelle. Apparue en 1975 à Dubaï avec la Dubai Islamic Bank, cette finance impose le respect de plusieurs principes religieux fondamentaux dans l'Islam : l'interdiction de la «riba» (l'intérêt assimilé à l'usure), du «gharar» et du «maysir» (l'incertitude, la spéculation), et du financement d'activités «haram» (alcool, viande de porc, pornographie…).


La finance islamique fonctionne également sur le principe de la «Moucharaka», c'est-à-dire le partage des profits et des pertes entre les différentes parties, ainsi que l'obligation d'investir dans l'économie réelle via des actifs tangibles. En théorie, les produits dérivés sont donc interdits. Par ailleurs, des Conseils, formés de docteurs en religion islamique, sont chargés d'examiner, dans chaque établissement, la conformité des produits proposés.

L'un des principaux instruments est la «Mourabaha», une forme d'emprunt sans intérêt. Son principe : lorsqu'un client veut acheter un bien, la banque en fait l'acquisition à sa place. Le client lui rembourse ensuite en une ou plusieurs fois le montant du bien, majoré d'une commission déterminée à l'avance et qui reste fixe. A l'échéance du contrat, la banque transfère la propriété du bien à son client. Un des autres produits phare est l' «Ijara», une sorte de crédit-bail : comme dans la Mourabaha, la banque acquiert le bien. Mais cette fois, elle ne le revend pas au client. Elle le lui donne en location, avec possibilité de rachat au terme du contrat. Autre produit phare : la «Moucharaka» : deux partenaires investissent ensemble dans un projet. Les profits comme les pertes sont partagés en fonction du capital investi par chacun. Reste enfin les «Sukuk», assez proches des obligations proposées par la finance conventionnelle.

En dépit du fait qu'elle soit régie par de stricts principes religieux, cette activité reste très souple et moins risquée. C'est ce qui l'a aidée à se développer rapidement et à répondre à différentes demandes.

Le marché de la finance islamique est estimé à plus de 2 000 milliards de dollars.

La finance islamique gagne du terrain en Algérie. Les six banques publiques du pays se sont engagées à lancer des services de la finance islamique d’ici la fin de l’année et le gouvernement a annoncé le lancement d’un comité de conformité chariâ. Parmi les nouveaux services proposés par les banques, on peut citer la mourabaha (vente à prix coûtant majoré, alternative au crédit à la consommation), l’ijara (crédit-bail), et la moucharaka (partenariats).

Afin de superviser la mise en place de ces nouvelles activités bancaires, le gouvernement compte également créer, d’ici la fin de l’année, un comité de conformité chariâ. Il s’agit là d’une avancée décisive pour le secteur de la finance islamique, qui ne disposait pas jusqu’à présent d’un cadre réglementaire spécifique. Etant de nature musulmane, la finance islamique ou alternative (c’est selon), répond bien plus à notre culture que la finance conventionnelle qui se base sur le dépôt à terme  (DAT).

Pour M. Nassim Ammar, responsable des finances et relations bancaires au niveau de MLA (Maghreb leasing Algérie), les pouvoirs publics s’y sont intéressés, car ils se sont aperçus qu’au niveau des banques islamiques en Algérie, les détenteurs de compte refusaient tout surplus judiciaire (intérêt) et ne jouissaient que de leur argent. Aussi, toute une règlementation a été mise en place pour encadrer cette activité.

Pour l’Algérien moyen, toute transaction doit répondre surtout à des normes chariatiques. Or, le modèle de la finance islamique comble un vide en la matière en proposant des services épurés de tout intérêt. C’est dans ce sens que MLA propose en ce moment des services pour les PME/PMI d’acquérir des biens au nom de tiers sur une durée de 3 ans, avec à la clé l’éventualité d’achat au prix symbolique. Il faut préciser que durant toute la durée du contrat, le contractant ne voit pas changer sa mensualité quelle que soit la situation du dinar. C’est là, un des avantages de la finance islamique.

 

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