LCA - Les Algériens sont-ils bien soignés ?

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Entre le marteau et l’enclume

Les Algériens sont-ils bien soignés ?

Souvent décrié et mis à mal, parfois loué, le système de santé en Algérie, qui se voulait performant et démocratique, est à la croisée des chemins. Une route semée de doutes et d’incertitudes tant les discours des uns et des autres sont en totale contradiction. Des discours équivoques qui sèment le doute, accentués en cela par tous ces problèmes rencontrés dans les hôpitaux.


Inscrite sur la tablette de la Constitution, la santé des Algériens est malmenée de partout. Que ce soit dans les hôpitaux publics et même chez le privé, les soins délivrés aux Algériens ne répondent pas aux normes, et les malades se sentent abandonnés par un système de santé mis en place censé lui donner réconfort et soutien. Le délabrement de nos hôpitaux donne une  image négative, au point où ceux-ci sont dénommés par  l’Algérien lambda comme des mouroirs. Cela reflète l’état délétère du système de santé où personne ne trouve sa place. Ni le malade ni celui qui est censé le soigner.

De nos jours, peut-on faire confiance à nos hôpitaux ? Oui, répondent certains, à condition de ne pas tomber malade.

Cela résume en quelque sorte tout le bien que l’Algérien pense de son système de santé. La dernière «polémique» nous vient de deux personnalités, toutes deux du même secteur. Le Dr Farid Benhamdine, président de la Société algérienne de pharmacie, vient sur les ondes d’une Radio nationale affirmer que l’industrie pharmaceutique nationale a permis, grâce à sa production, de diminuer de 25% les importations de médicaments et qu’une symbiose entre la prévention, l'information et la recherche pourrait contribuer à mieux protéger la santé des Algériens. Auparavant, Noureddine Boudissa, directeur général de l’Organisme algérien d’accréditation (Algerac), avait annoncé que bon nombre d’organismes nationaux de contrôle de la qualité et de la conformité des produits et équipements importés ou fabriqués localement, sont loin de répondre aux normes. Il n’en a pas fallu plus pour accentuer le malaise déjà existant chez nos compatriotes. Est-ce à dire que nos médicaments sont fabriqués  avec des équipements qui ne répondent pas aux normes, impliquant de facto les médicaments?

Deux discours, deux visions. Déjà que le commun de nos compatriotes perd son latin dans ce dédale d’affirmations et de synthèses soutenus par des professionnels. Le Dr Benhamdine signale que la majeure partie de la production locale de médicaments (environ 90%) est constituée de génériques. Cela ne plaît guère aux Algériens qui ne font confiance qu’aux médicaments  d’origine.

En fait, notre système de santé est atteint dans tous ses organes. De la prévention jusqu’au remboursement des frais médicaux, en passant par l’accueil et la prise en charge du patient, que ce soit dans les établissements publics ou privés, tout doit être soigné. Les prestations dans nos structures de santé, qu’elles soient publiques ou privées, sont médiocres. En somme, il s’agit notamment du manque de confiance en le système national de santé. Redonner confiance à nos compatriotes équivaudrait à concevoir le meilleur des médicaments. Pour  des observateurs, il faudrait dépasser le stade des «théories théoriciennes» et s’inscrire dans une vision globale et pragmatique. Pour améliorer l’état de santé du secteur, il faut absolument remédier à toutes ces «pathologies,» la médecine, étant un tout.

Quant aux manquements à l’éthique et à la déontologie médicale, beaucoup plaident pour l’injection de plus de moralité dans la profession et la prise en charge effective des problèmes socioprofessionnels des médecins.

Au-delà des «mauvaises prestations», c’est le manque de confiance totale entre le praticien et le patient qui mine ce secteur. La particularité chez nous, c’est que la situation est si catastrophique qu’il n’existe plus de confiance. Et il est urgent d’aborder ce sujet. On est dans une situation où il y a deux protagonistes, diamétralement différents. Entre le patient qui dit qu’il n’y a pas d’humanisme, c’est une écurie, y a pas de prise en charge, on est malmenés, on est maltraités, et le médecin qui se plaint du manque de moyens, de civisme, et de la gestion hasardeuse du secteur de la santé. Une équation difficile à résoudre ? Paradoxalement, tout le monde veut que ses enfants soient médecins ou pharmaciens, et la plupart d’entre eux ont une allergie au médecin. Ils disent que ce sont des gens qui se font de l’argent, ils ne sont pas humains, ils ne cherchent qu’après leurs intérêts. La part du vrai est difficile à cerner.

Pour rétablir la confiance, il faut travailler sur l’image du médecin, en plus de la mise en valeur de la formation. Il faut qu’il y ait des facultés dignes de leur nom, et des travaux scientifiques.

Conséquemment, il est très urgent de rendre la confiance aux Algériens dans l’hôpital public. La maladie, ça n’attend pas.

  

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