LCA - Le parent pauvre de l’entreprise

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Formation

Le parent pauvre de l’entreprise

Par:  Par Réda Hadi

Les entreprises ne cessent de clamer haut et fort le manque de main-d’œuvre qualifiée, alors qu’elles disposent légalement de quoi former leur personnel.


 

Un non sens économique. Après une enquête non exhaustive, il en ressort que la non-application de la taxe de 1% sur la masse salariale, pour former son personnel, résulte beaucoup plus sur le fait que la gestion des ressources humaines en Algérie est souvent considérée comme un centre de coûts sans valeur-ajoutée.

Sans préjudice de l’obligation édictée par les dispositions de la loi relative l’apprentissage, les organismes employeurs, à l’exclusion des institutions et administrations publiques, sont tenus de consacrer au moins un montant égal à au moins 1% de la masse salariale annuelle aux actions d’apprentissage. Le droit à la formation professionnelle continue de la loi 90-11 relative aux relations de travail a défini dans son article 6 que dans le cadre de la relation de travail, les travailleurs ont également le droit à la formation professionnelle et à la promotion dans le travail.

La gestion des compétences ne peut s’inscrire que dans un cadre plus global, impliquant le management et l’absence ou le manque d’intérêt pour les compétences, soit l’absence d’une vision, ou l’absence de la gestion des compétences en tant qu’objectif stratégique.

Par manque de formation, l’entreprise se trouve pénalisée

Mais au-delà de ce manque de stratégie, c’est la vision globale adoptée pour l’entreprise qui en fait les frais. Par manque de culture managériale, et surtout un manque d’investissements, l’entreprise algérienne s’en retrouve handicapée. Pour l’entreprise algérienne, il est bien plus aisé de faire appel aux centres d’apprentissage, pour recruter éventuellement, que de former son propre personnel. Une idée qui fait son chemin, car plus rentable. Le  recruté d’un centre de formation ne coûte pas cher, et peut être remplacé après deux années passées dans l’entreprise, et remplacé par un autre du même centre.

Légalement, l’entreprise, lors de son bilan, doit faire paraître les frais de formation. En cas de non justification, celle-ci est taxée, et la somme est versée à l’Etat par l’entremise de l’Ofnac (L’Office national de lutte contre la fraude et corruption).

Quand la formation est source de nuisance 

La formation est pratiquement absente, hormis quelques entreprises d’Etat, mais elle reste, selon certaines sources, quand elle existe, source conflit. Car ni l’entreprise en tant que personne morale et encore moins le syndicat, ne jouent le jeu. Les ressources humaines préfèrent payer une taxe, et les syndicats garantir des privilèges, et profiter en premier d’une formation qui leur assurera, une vie meilleure après le syndicalisme, au détriment de la bonne santé  financière de l’entreprise.

Certains économistes assimilent ce genre de gestion, à un comportement antiéconomique. Il y a, avant tout, un travail urgent à accomplir et qui consiste à «revaloriser le travail». En d’autres termes, il s’agira de savoir comment «mobiliser» activement la ressource humaine, seule capable de répondre aux défis actuels. La formation et le perfectionnement des personnels dans la maîtrise de leurs tâches  sont une nécessité impérieuse pour la réussite du passage à l’économie du marché. Cette formation aura également pour but de faire adopter aux personnels de nouveaux réflexes, attitudes et comportements dans la gestion des entreprises.

Les PME/PMI algériennes sont censées être un terreau de performance. Pourtant celles-ci, préfèrent (quand c’est le cas), les situations d'apprentissage informel qui sont courantes dans les petites entreprises. Les situations de travail sont elles-mêmes formatrices, comme travailler en équipe, procéder à une rotation des tâches, régler des problèmes imprévus, se conformer à de nouvelles normes. Et tout  cela, sans rien débourser, à part une taxe qui n’est pas automatiquement versée selon des agents des impôts.

En attendant  une prise de conscience effective des entreprises, quant à l’importance de la formation, nos entreprises continuent de crier au loup, et rejeter la faute sur les établissements de formation professionnelle.

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