LCA - A qui profite le pactole ?

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Le marché publicitaire en Algérie évalué à près de 100 milliards d’Euros

A qui profite le pactole ?

Avec la crise annoncée, le marché publicitaire en Algérie bien qu’en baisse, reste florissant et  est estimé à plus de 100 millions d’euros pour certaines sources, alors que d’autres l’estiment à 350 millions d’euros. Une somme qui donne le tournis. En constante évolution, le marché publicitaire reste tout de même entouré d’une certaine opacité, et selon des sources bien informées, ce sont particulièrement les enseignes étrangères qui en tirent le plus profit.


C’était hier lors des 11es journées euro-maghrébines de la communication extérieure et de la publicité qui se sont tenues à l’hôtel El-Aurassi que les professionnels de ce secteur en ont débattu les tenants et aboutissants. Pour beaucoup de participants, le marché de la publicité ne profite pas aux enseignes nationales et devrait être en plus mieux cadré. Les experts et les professionnels recommandent la mise sur pied d’un cadre légal, seul capable de régir le marché et la profession à la fois.

Lors de son intervention, M. Oulebcir, secrétaire général du ministère de la Communication, a assuré que la volonté de gouvernement est d’asseoir un dispositif réglementaire à même de régir le secteur et de mettre un terme à «l’anarchie». L’Etat demeure le grand annonceur, mais il n’est plus le seul diffuseur audiovisuel entre autres. Pour ce responsable, la publicité en Algérie reste désorganisée, c’est pour cela que l’Etat entend mettre de l’ordre par des lois idoines, et rendre ce marché florissant comme un facteur d’investissements et pourvoyeur d’emplois surtout. La nouvelle loi sur la publicité dans les médias «ambitionne d’organiser les activités publicitaires, de protéger le consommateur et le public et de fixer les conditions nécessaires à l’exercice de la communication publicitaire à travers tous les types de supports

A travers ces lois, les pouvoirs publics veulent faire de la préférence nationale, une priorité. Pour les experts présents à ces journées, le marché  publicitaire en Algérie est toujours inclusif et a besoin de se réorienter, pour  pouvoir être exploité de façon à ce que celui-ci profite à l’économie nationale. Pour M. Oulebcir, il faut penser la publicité en termes d’investissements et non en termes de gains, qui sont l’apanage de certaines enseignes qui ont pignon sur rue.

En Algérie, 2 282 opérateurs privés (personnes physiques et morales) activent dans le domaine de la publicité. A cela, s’ajoutent 2 256 opérateurs dont celui de la communication et qui conseillent les entreprises pour élaborer leurs messages.

Néanmoins, ce sont surtout les enseignes estrangères qui ont le monopole de la publicité chez nous, et la préférence nationale, n’a, selon certaines estimations, qu’une part de 15%.

Une marge dérisoire au regard des gains  

Ce marché tout autant lucratif n’est basé sur aucune donnée médiamétrique qui n’existe pas encore en Algérie, à l’exception de rares sondages non exhaustifs, ou des données empiriques.

Par ailleurs en Algérie, ce sont plutôt les médias audiovisuels qui se taillent la part du lion, sachant qu’à eux seuls, ils engrangent près de 75% des apports des annonceurs. Les investissements publicitaires en Algérie sont portés surtout par les opérateurs de téléphonie mobile, Ooredoo, Mobilis et Djezzy, en l’occurrence, par les concessionnaires automobiles, et les groupes agroalimentaires dont notamment Cevital.

Certains experts estiment aussi qu’il ne reste plus de marge de manœuvre pour les agences de publicité et les annonceurs. Ils ne peuvent que réagir aux événements puisqu’ils ont perdu la faculté du recul et de la réflexion. La nouvelle manière des jeunes de regarder la télévision, la convergence des médias (téléphone, télévision, Internet dans un même support) sont des mutations qui posent des défis au monde de la publicité.

Dans un monde en perpétuel mouvement, le marché publicitaire devra tenir de beaucoup de paramètres pour être pérenne.


 Encadré: 

Taxe sur la publicité

Depuis bientôt 8 ans, une taxe sur la publicité est imposée sur toutes les productions et commercialisations de contenus publicitaires en Algérie.  Agences de publicité, médias audiovisuels, publications périodiques, médias électroniques ou agence de communication et de production audiovisuelle, de nombreux acteurs du secteur de la communication doivent s’acquitter de cette taxe qui rapporte annuellement l’équivalent de pas moins de 5 millions de dollars aux caisses de l’Etat, selon des dernières estimations.

Cette taxe sur les revenus de la publicité est affecté annuellement au profit du compte d’affectation spéciale numéro 302-014 intitulé «Fonds de développement de l’art, de la technique et de l’industrie cinématographiques», le fameux fonds appelé communément le Fdatic.

Cette taxe a été instituée suite à l’ordonnance n° 10-01 du 26 août 2010 qui précise dans son article 63 .“Il est institué une taxe de publicité applicable au chiffre d’affaires réalisé dans le cadre de l’activité publicitaire. Elle est due mensuellement par toute personne réalisant un chiffre d’affaires lié aux travaux de publicité. Le taux de la taxe est fixé à 1%. Il s’applique au chiffre d’affaires réalisé au titre du mois”.

Reste qu’au vu de délabrement de la culture en Algérie, beaucoup de professionnels s’interrogent sur l’utilisation de cette  taxe ?

Plusieurs professionnels du secteur de la communication estiment que cet argent est tout simplement gaspillé et géré de manière obscure. Il aurait été préférable de remplacer cette taxe par un autre dispositif nettement plus efficace afin de soutenir le contenu local algérien notamment en cette période de crise financière très aiguë.

La bataille d’aujourd’hui est d’encourager les investissements dans la production de contenus algériens. Et pour ce faire, les producteurs de contenus, les médias, les agences de communication ou de boite de production, ont besoin de terrains, de prêts bancaires et de certaines facilitations concrètes au lieu d’un fonds obscur géré sans aucune transparence.

Les suggestions ne manquent pas. Les projets aussi. Mais la volonté fait encore défaut et l’argent de la taxe de publicité est toujours récolté sans aucune stratégie pour l’utiliser à bon escient.

Une situation aggravée aussi, par le faite que cette taxe  n‘est pas versée par beaucoup de professionnels n’est pas prise en compte dans les tarifs publicitaires.

Lu 130 fois Dernière modification le mercredi, 29 novembre 2017 20:04

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