LCA - Une atteinte à la sécurité alimentaire

250 000 hectares de terres agricoles inexploités récupérés 

Une atteinte à la sécurité alimentaire

Par:  Par Réda Hadi

L’Algérie, qui s’est lancée le défi d’assurer sa sécurité alimentaire, est à la croisée des chemins. En effet, tous s’accordent à dire que les quelques progrès réalisés en la matière dans le secteur agricole masquent des situations très préoccupantes. Pour beaucoup, il existe toujours des situations résiduelles de sous alimentation, du fait que les progrès réalisés sont inégalement répartis au sein de la société. Pourtant des mesures ont été prises pour alléger la note de la facture alimentaire, et les terres agricoles non utilisées ont été récupérées. C’est du moins l’annonce faite par le directeur central de l’organisation foncière du ministère de l’Agriculture.

En effet, celui-ci a affirmé que la non-exploitation des terres agricoles qui ont été concédées, est considérée par les pouvoirs publics comme un  abus de droit. Ce responsable a ainsi confirmé que sur les 800 000 hectares à avoir été attribués à des investisseurs, quelque 250 000 hectares de superficies agricoles non exploitées ont été récupérées, tout en précisant que cela n’a pas été fait dans un but répressif mais bel et bien en accord avec les directives gouvernementales et dans l’esprit de la loi. Certes, la récupération de ces terres se veut être  avant tout dissuasive, et poussera éventuellement les bénéficiaires de ces terres à les exploiter.

Il faut dire surtout qu’avec la crise économique qui ronge le pays, les autorités peinent à mobiliser toutes les ressources susceptibles d’aider l’économie nationale à se relever. Ainsi, le ministère de l’Agriculture a recensé plus de 100 000 hectares de terres cultivables non exploitées. Cette superficie concerne les terres attribuées dans le cadre de l’accès à la propriété foncière (APFA) par la mise en valeur et celles affectées dans le cadre de la circulaire interministérielle portant sur la création de nouvelles exploitations agricoles et d’élevage de 2011. A ces assiettes, s’ajoutent 13 000 ha attribués dans le cadre de la conversion du droit de jouissance des terres relevant du domaine privé de l’Etat en droit de concession dont les exploitants ont été déchus de leurs actes de concession.

Une fois ces terres récupérées, le directeur central de l’organisation foncière du ministère de l’Agriculture, Hamdani, affirme qu’elles seront redistribuées au bénéfice de porteurs de «projets structurants», entendre par là ceux à même de développer des filières «à forte dimension économique», à l’exemple des céréales, du lait, de l’élevage et de l’arboriculture, autant de projets créateurs d’emplois et de valorisation des productions agricoles.

A propos de projets structurants, M. Hamdani signale que sur 500 000 hectares de superficies agricoles, notamment localisés à Adrar, Timimoun, El Bayadh ou Ghardaïa, 200 000 ont déjà été mis en valeur par des investisseurs et que 100 000 autres sont sur le point de l’être, incessamment.

Dans la lignée, une fois ces terres récupérées, pourraient-elles être vraiment exploitées sachant le manque de main-d’œuvre criard qui affecte le secteur agricole ? Un problème d’autant plus conséquent, que celui-ci affecte les niveaux de rendement des exploitations.

Actuellement, l’agriculture manque de bras. Il n’y a pas de main-d’œuvre pour travailler la terre. Alors  quand on se fixe des objectifs d’augmentation des rendements et de production en occultant le problème de main-d’œuvre agricole, qui est une main-d’œuvre spécialisée et qui doit avoir de l’expérience, certains pensent qu’on n’aborde pas le problème de manière réaliste et objective. D’autres voix affirment que la mécanisation peut être une solution au problème de main-d’œuvre.

Le secteur de l’agriculture se retrouve aussi face à la  spéculation. Car de nos jours, les gens cherchent beaucoup plus à spéculer qu’à travailler la terre.

Des économistes proposent pour inverser la tendance de considérer les agriculteurs comme des chefs d’entreprise, au même titre qu’un patron d’une PME/PME, et que  tous les propriétaires terriens doivent avoir un cahier des charges très précis sur l’exploitation de ces terres. Quelqu’un qui ne travaille pas la terre, on doit être en mesure de la lui retirer. Il faut mettre un système d’appui et d’encadrement mais aussi de contrôle sur l’utilisation de ces terres.

Le secteur agricole est le seul qui enregistre un taux de croissance appréciable malgré la crise. L’évolution de cette branche a été de 6% l’an dernier, selon les chiffres officiels.

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